Djouk Box 

L’été est là en Israël et c’est le retour de tout ce qu’on aime : la chaleur torride de la canicule à l’extérieur et le froid polaire de la climatisation à l’intérieur, les méduses à la plage, l’humidité… et bien sûr, notre cauchemar numéro 1 : les djoukim.

 Pour ceux qui ne connaissent pas ce mot, petit rappel lexical tout de suite. Le djouk (djoukim au pluriel) est un cafard. Mais attention, pas un petit cafard noir de la taille d’un trombone qui ne sait que ramper, non. Là on parle du cafard de compétition, de la bonne grosse blatte du Moyen Orient bien dégueu qui a six pattes et une paire d’ailes, qui court plus vite que toi quand tu veux choper le bus et qui se faufile partout, même par voie aérienne. Le djouk a du poil aux pattes, ce qui le rend encore plus sympathique, et deux grandes antennes, ce qui le rend encore plus grand et – par conséquent – encore plus moche. Couleur marron un peu doré, ne fait pas de bruit et n’a pas d’odeur, et c’est bien ça le pire : on ne peut pas l’entendre s’approcher de nous.
 
Maintenant que les présentations sont faites, j’imagine qu’il n’y a plus vraiment besoin d’expliquer les raisons pour lesquelles on déteste cet insecte plus que n’importe qui et n’importe quoi. Son omniprésence est terrifiante, répugnante et nous rend enclins à la paranoïa aigue et aux cauchemars. Prenons quelques exemples de mises en situation.
 
Situation numéro 1 :
On croise un djouk dans la rue (ou plutôt, c’est lui qui se faufile à deux millimètres de nos Havaianas).
Sans filtre : on hurle et on fait un bond de dix mètres.
Pour les mauviettes : on change de trottoir, ce qui n’est pas du tout une solution étant donné que le reste de la famille est là-bas.
Pour les autres : on l’écrase bien fort… et on propage ainsi tous les œufs. Bien joué.
 
Situation numéro 2 :
On est au resto et on voit un djouk au plafond. Entre cette vision d’horreur et nos scénarii de chute imminente dans notre assiette, autant dire que notre appétit, c’est de l’histoire ancienne.
Sans filtre : on hurle et on fait un bond de dix mètres.
Pour les mauviettes : on se carapate hors du resto en deux secondes top chrono. Tant pis pour le mec avec qui on était, de toute manière il était moche.
Pour les autres : on tape un scandale au serveur et on exige que le dessert soit offert (miam, une panna cotta à la chair de djouk, qui n’en veut ?).
 
Situation numéro 3 :
On est tranquillement à la maison et on en aperçoit un qui chill pépouz sur le carrelage du salon.
Sans filtre : on hurle et on fait un bond de dix mètres.
Pour les mauviettes : on change de ville, de pays, de planète.
Pour les autres : on appelle son proprio (même s’il est 3 heures du mat’) en exigeant qu’un service de désinsectisation soit chez nous dès le lendemain matin.
 
Face à ces bestioles, il faut donc être offensif (opération désinsectisation obligatoire chez soi) et garder son sang-froid (crier ne sert à rien, à part nous ridiculiser). Car, sachez-le, le djouk est là depuis plus longtemps que nous et ne compte pas disparaître tout de suite. Alors on reste zen… Parce qu’on est pas venus ici pour souffrir, okay ?

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3 thoughts on “Djouk Box 

  1. Franchement , écris des livres….. tu racontes tellement bien tes aventures , j’adore .
    Tu y mets de l’humour ,c’est bien tourné , d’un truc banal t’en fait un débat amusant, GENIAL!! bisous
    Martine.

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