Para bailar la Bamba

En France, vous le savez, l’aliment de base c’est le pain. En Asie, c’est le riz. Sur Mars, c’est le chocolat. Et en Israël, ce sont les Bambas. N’importe qui ayant posé le pied au moins une fois sur notre sol connaît et reconnaît le Bamba, sorte de cousin joufflu moyen-oriental du Curly. Plus qu’un biscuit apéritif, c’est une véritable institution. Mais savez-vous ce qui se cache derrière le gros bébé mignon dessiné sur le paquet ? Beaucoup de choses…

Épisode 1 : l’apéro fiasco
Commençons par le commencement si vous le voulez bien. L’histoire des Bambas a débuté il y a quelques années, en 1964. En Israël, on avait envie de faire comme aux États-Unis (vous avez dit “bizarre” ?) et de produire des biscuits apéro à base de maïs soufflé, comme les Cheetos – vous savez, ces cochonneries au cheddar trop bonnes qui laissent du orange plein les mains.

Tout a donc été mis en place pour fabriquer ces petites choses fromagères mais, une fois que le produit était fin prêt, on s’est rendu compte que finalement, le cheddar ça ne plaisait pas aux Israéliens (c’est bien la preuve que je n’avais pas encore émigré). Et, cerise sur le gâteau apéro, ça ne sentait pas bon. Bah oui, c’était du fromage, pas de la fleur de cerisier. La commercialisation a donc été un échec retentissant. Tout ça pour ça, donc. Mais il fallait bien faire quelque chose de l’usine et de toutes les machines ! On n’allait pas laisser tout en plan et abandonner comme ça !

Épisode 2 : Super Arachide à la rescousse
Un jour, quelqu’un est arrivé et a proposé de faire des biscuits apéritifs au goût de cacahuète, plutôt. On l’a laissé faire, en se disant que de toute manière ça ne pourrait jamais être pire que le vilain cheddar qui pue. Il s’y est mis, a commencé la production et a eu une idée de génie : pour tester son nouveau snack et éviter de se viander comme ses prédécesseurs, il l’a fait goûter au jury le plus impitoyable qui soit : un groupe d’écoliers de Holon, ville où se trouvait l’usine.

Verdict ? Les gosses ont adoré ! Et voilà, les Bambas étaient nés !

Épisode 3 : l’odyssée du Bamba
À partir de là, les Bambas ont commencé leur règne sur le pays et sont devenus partie intégrante de la culture israélienne. Leur succès ne s’est jamais démenti, à un point tel qu’en 2003, pendant la guerre, les soldats en dévoraient. Le 27 mars, la Knesset (le Parlement) a même déclaré les Bambas “vital staple food” (en gros, alimentation de base).

Les Bambas sont très gras et très salés mais tout le monde en mange tout le temps. Aussi bien les enfants que les parents, les hommes que les femmes, les surfeurs que les business men, les riches que les pauvres, les belles que les bêtes… bref vous avez compris. Ce qui est cool avec les Bambas, c’est qu’on peut en manger même pendant Pessah, alors que la plupart des trucs bons sont interdits. Voilà un signe qui ne trompe pas.

Et comme c’est un produit qui plaît, il se décline de diverses manières : au format XXL (addictif, même si du coup il n’y en a que 12 dans le paquet), au format mini (très frustrant, même s’il n’y en a 8000 dans le paquet), fourré au Nutella (abstenez-vous si vous avez pour projet de rester psychologiquement sain), à la fraise et à la vanille (ne se prononce pas), en forme de Bretzels (l’Alsacienne en moi ne s’y est pas frottée).

Bonus : Brillez en société avec le Bamba
Voici quelques données intéressantes à noter en antisèche pour vous la raconter lors des dîners mondains quand il y aura des Bambas à l’apéro.

Contrairement aux Curly qui ont hérité d’un slogan bien pourri (“Si t’as pas d’amis, prends un Curly”), les Bambas, eux, ont fièrement reçu le très sympathique et non moins simple : “There’s nothing like Bamba”. Ça calme. Et ça donne vachement plus envie.

Les Bambas sont très bons mangés tels quels mais saviez-vous qu’ils font également une délicieuse panure ? Une excellente alternative novatrice pour le petit schnitzel à sa Maman. Allez, jetez-moi cette chapelure à la benne à ordures !

Sur toutes les cacahuètes importées en Israël, 77% finissent en Bambas. Un peu comme les noisettes avec le Nutella, quoi.

Une étude de 2008 a montré qu’une grosse consommation de Bambas chez les jeunes enfants les rendait moins enclins à développer des allergies à la cacahuète. Au prix du paquet (moins d’un euro), ça fait pas cher le remède préventif, hein ?

Le beurre de cacahuète contenu dans les Bambas est importé d’Argentine. Don’t cry for me…

Les Bambas représentent 25% du marché des snacks en Israël. Oui oui, un quart. C’est pas mal quand on voit le nombre de biscuits apéro différents qu’on trouve dans le pays.

Même si les Bambas ne sont pas diététiquement corrects (544 calories les 100 grammes, tu peux pas test), ils ne contiennent ni colorants, ni conservateurs, ni cholestérol et ils sont pleins de vitamines. Et ils sont même casher. Donc fat, oui. Mais pas trop nocifs.

Alors ne culpabilisez pas et ouvrez votre paquet, je sais que vous en mourez d’envie !

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