L’interminable mois de janvier

Ma mère a coutume de dire qu’elle déteste le mois de novembre car il est sinistre et je suis un peu d’accord avec elle. Mais dans le genre chiant, le mois de janvier n’est pas mal non plus.

Il y a quinze jours c’était l’effervescence, il y avait des fêtes tous les jeudis soirs pour fêter les un an d’Alyah de tous les gens de l’oulpan et c’était sympa. L’occasion de retrouver des personnes qu’on avait plus vues depuis longtemps. Bon, je changeais rapidement de sujet quand on me demandait où j’en étais côté boulot mais sinon c’était cool.

Puis le soufflé est retombé, la routine a repris son cours et, avec elle, mes recherches de boulot. Je me suis dit que j’allais me mettre à mon compte. Je choisis mes clients, je fais mes traductions, j’écris mes articles, je bosse à mon rythme et en pyjama… Bref, la vie d’indépendante. J’ai eu des rendez-vous avec une association qui s’occupe d’accompagner les personnes désireuses de travailler en free lance. Au début ça avait l’air facile, peu de contraintes, beaucoup d’avantages. Et puis j’ai posé la question un peu essentielle quand même : on a quoi comme frais ? Comptable + expert comptable + couverture sociale = environ 12 000 shekels par an (ce qui fait en gros pas loin de 3 000 euros). Voilà qui m’a donné à réfléchir. J’ai eu encore plus besoin de réfléchir quand on m’a également suggéré que, pour vivre normalement, il fallait faire rentrer au moins 10 000 shekels par mois, ce qui revient à toucher 8 000 shekels net. Ce qui, avouons-le, n’est pas forcément évident quand les personnes qui voulaient travailler avec moi me proposaient 200 shekels par article pondu. Euh… Comment vous dire ?

J’aurais dû être contrôleur de gestion. Ou dentiste, tiens.

Ceci étant mûrement réfléchi et réglé, j’ai donc envisagé de repartir dans un parcours classique de salariée en entreprise.

Les recherches sont fastidieuses. Entre les offres toujours alléchantes (mais qui dit alléchantes dit forex ou call center et, pour moi, c’est hors de question) et celles qui exigent un niveau d’hébreu qui n’est pas le mien, celles qui sont mal payées, celles qui ne sont pas situées près de chez moi, celles qui sont parfaites mais dont on n’a jamais de nouvelles… C’est un peu le chemin de croix. J’ai voulu retenter ma chance dans une start-up qui cherchait une assistante de direction mais merde, je n’ai pas fait 6 ans d’études après mon bac pour faire des photocopies. Il y a des limites. Donc je cherche, je cherche, telle une infatigable chercheuse d’or. La semaine dernière il y avait un salon de l’emploi multilingue à Tel Aviv mais, à part prendre une pizza avec mes copains de l’oulpan que j’étais ravie de revoir, je n’ai rien retiré de cette journée. Je suis rentrée à Jérusalem avec une ampoule et un bon rhume.

Les journées sont parfois un peu longues, du coup. Je me force à sortir, à essayer de voir du monde. L’appart n’a jamais été aussi propre et rangé et mes nuits n’ont jamais été aussi longues. Mais je m’ennuie et j’espère vraiment retrouver un vrai boulot.

A part ça je vais bien. Ici les journées sont ensoleillées mais les nuits sont froides comme la mort. Je ne vis plus sans chauffage à partir de 17h. Les attaques ne cessent pas et ma prudence est toujours de mise. La neige n’a pas tenu et c’est dommage, j’avais très envie de me promener et de faire de belles photos. Ce mercredi je serai à Ashqelon pour la brit-mila de mon petit cousin qui vient de naître. Lundi prochain je reprends un petit oulpan de quelques mois et je suis bien contente, ça va me faire du bien : autant parfois j’ai l’impression d’avoir vraiment progressé, autant parfois je me sens en-dessous de tout. Et c’est évidemment le deuxième cas de figure qui est le plus répandu.

Que vous dire de plus ? Rien, sinon que je cherche et que j’attends. Qu’il s’agisse du travail ou d’autre chose, j’ai tendance à trouver le temps extrêmement long. Les heures, les jours, les semaines et les mois passent et toujours rien. On me dit de ne pas perdre espoir et que ça finira forcément par arriver mais rester optimiste m’est parfois difficile et je pourrais collectionner mes déceptions et désillusions tant elles sont nombreuses. Ainsi va la vie.

A bientôt

 

Advertisements

One thought on “L’interminable mois de janvier

  1. Eh bien ma Laëtiss, un coup de cafard ! Ne t’inquiète pas, je sais que ça va passer. Un coup de fil, une invitation sympa et hop ça repart. Et bien sûr je pense bien à toi. Au pire 2 ou 3 jours au 195 pour te ressourcer. Plein de bisous.

    Liked by 1 person

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: