Dix mois

Dix mois

Un chiffre rond, presque un an d’Alyah. Où a filé tout ce temps ? J’ai l’impression d’être arrivée la semaine dernière. 

Où a filé tout ce temps ? J’ai appris l’hébreu pendant cinq mois, j’ai eu trois jobs différents (et je m’apprête à bientôt commencer le quatrième), deux maisons différentes (dont une que je ne regrette absolument pas), j’ai eu des moments de cafard, des moments de grande joie, j’ai passé des super Chabbat à Tel Aviv, à Poleig, à Ashdod, à Ashqelon, à Jérusalem, à Lod, à Ramat Gan, j’ai fait des excursions dans le Nord, j’ai visité Mini Israël, j’ai flotté dans la Mer Morte, j’ai déjà vidé trois bouteilles d’huile solaire, j’ai bu un nombre incalculable de Limonanas, appris des chansons … et je suis devenue de moins en moins en Française. 

On ne devient pas Israélienne du jour au lendemain, d’ailleurs je ne sais pas si je le serai totalement un jour. Mais je sais que j’ai changé. Je ne m’énerve plus, je laisse les gens crier, je crie à mon tour le cas échéant. Je m’attends à tout, je prends les choses avec davantage de recul, je profite de la vie au jour le jour en remerciant le ciel de me permettre de vivre dans un pays si incroyable.

Le mois dernier, beaucoup de personnes restées en France m’ont dit qu’il fallait que je revienne car “la situation était trop dangereuse”. Mais qu’on se le dise : à part pour revenir voir ma famille et mes amis de temps à autre, je ne reviendrai pas en France. Faire son Alyah c’est s’installer définitivement en Israël, pas partir comme ça en se disant qu’on peut revenir “au cas où”. J’y suis, j’y reste. Et je suis très bien comme ça. Même si j’ai un pincement au cœur quand je songe aux 30 ans de ma sœur Sophie qui a franchi ce cap alors que je n’étais pas là. Je me console comme je peux en me disant que je la vois dans un mois.

Dix mois. Et encore un tout petit mois avant que ma sœur Marine ne reparte. J’ai la mort dans l’âme quand j’y pense mais je sais qu’elle sera heureuse de retrouver sa vie, sa maison et Sam. J’aurai passé avec elle des moments précieux et elle me manquera énormément. Tâchons de faire de ce dernier mois une suite et fin à la hauteur des instants que nous avons partagés ensemble.

Dix mois. Et pour ces dix mois, j’ai décidé d’aller à la plage. Oui. À la plage en novembre. L’Alyah ce n’est pas les vacances, ce n’est pas facile tous les jours : ok. Mais c’est quand même super appréciable de se dorer la pilule en maillot sous un parasol avec un bouquin et d’aller se baigner dans une eau même pas froide (versus une balade au parc de Bercy en manteau à profiter de quelques petits rayons timides). Vous êtes jaloux ? Prenez des billets d’avion, je vous attends !

  

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