La sinistrose automnale

Je vous rassure, je ne suis pas en train de faire une dépression.

C’est juste que ces derniers temps ne sont pas très gais ni agréables. Les attaques terroristes se sont calmées à Jérusalem mais continuent tout de même ailleurs et le problème est loin d’être résolu, hélas. Je fais toujours attention à moi quand je sors même si je me sens en sécurité. Mon sac à dos et mes baskets sont toujours dans un coin de ma chambre au cas où.

Dans les magasins, il y a partout des chauffages d’appoint, des petits radiateurs, des plaids encore plus épais que les matelas des lits de l’oulpan, des grosses chaussettes en pilou, des pyjamas bien chauds… Là où on trouvait des ventilateurs et des moules à glaces il y a quelques mois à peine, aujourd’hui ce sont les fournitures anti-froid qui règnent en maître. Trouver des mangues devient difficile, il n’y a plus de fraises ni de pêches sur les étals du shouk. Grâce au passage à l’heure d’hiver, il fait nuit dès 16h30. J’ai ressorti mes collants. Je me sèche les cheveux au séchoir pour ne pas attraper froid dehors.

La semaine dernière, nous avons eu droit à des averses et du vent. Une chance que je ne sois pas sur la côte, c’était dix fois pire à Tel Aviv, à base de coupures de courant massives, d’inondations et d’arbres déracinés. Ici, à part la pluie et deux-trois orages, on n’a rien eu.

Et pour compléter ce cadre des plus réjouissants, mon boulot m’impose d’être clouée seule à la maison sans sortir pendant huit heures d’affilée trois jours par semaine. Je pourrais apprécier ce que je fais mais, au fil des jours, les relations avec mes supérieurs (sic) se sont dégradées. Entre le ton rabaissant (“Pas plus de 45 minutes pour ça”), les remarques désobligeantes sur le fait que je ne vais pas assez vite, les propositions absurdes de travailler avec Google Translate (sic) et les messages carrément honteux (“I’m back ça ne veut pas dire je suis dos, j’espère que tu l’avais compris !) venant de personnes qui ne sont MEME PAS traductrices de profession, je pense que mon expérience prendra fin à l’issue de ma période d’essai. C’est bien dommage car il y avait des aspects extrêmement intéressants. Mais là, très sincèrement, je ne peux plus. Se faire remonter les bretelles une ou deux fois je veux bien, se faire prendre pour une idiote par une fille méprisante qui n’était même pas née quand je savais déjà lire, c’est non.

Voilà donc où nous en sommes en ce moment. C’est une période creuse, comme on dit dans le jargon. Mais c’est normal. Et entre les gouttes, il y a quand même des bons petits moments agréables : un Chabbat à l’oulpan à jouer, des soirées à refaire le monde sur le canapé en buvant un thé avec Sandra, des recettes de cuisine pour me régaler, des petits restos sympas avec Marine et Dabou, un concert improvisé pour Michel Fugain, le soleil qui revient demain…

L’été ne reviendra pas tout de suite mais mon moral reviendra vite au beau fixe, espérons-le.

A bientôt

***

BONUS : Mes journées en images

 

   

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