Princesse Noya

princesse-sarah

Comme annoncé dans les épisodes précédents, j’ai donc quitté mon poste il y a maintenant deux semaines. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet mais sachez que ma décision a été mûrie et réfléchie, ce n’était pas un coup de tête.

Je suis donc de retour sur le marché de l’emploi. Je suis inscrite à plusieurs sites dont un qui m’envoie toujours des alertes quotidiennes à une heure du matin (j’adore). Les offres ne manquent pas mais il y en a peu à Jérusalem. Du coup j’envisage peut-être de me mettre à mon compte comme avant en France… Mais il faut que je me renseigne sur les formalités de cette démarche en Israël.

A côté de ça, j’écris des choses plus ou moins sérieuses chez Roots Israël deux fois par mois, je forme une ancienne de l’oulpan aux réseaux sociaux et au community management et j’ai une troisième activité beaucoup moins intellectuelle : serveuse. Pas serveuse comme ça (j’aimerais chanter aussi bien qu’elle mais ça s’arrête là), plutôt serveuse comme ça (la poupée Émilie en moins). En fait, je fais serveuse pour une salle de mariages et bar mitsvot pas loin de chez moi.

C’est Marine qui a fait ça une fois et qui m’a proposé de le faire aussi. C’est payé 30 shekels de l’heure (soit deux shekels de moins que ce que je touchais à mon ancien travail), on nous raccompagne quand on finit trop tard, les repas sont compris (miam miam les buffets de fou) et, avantage non négligeable : le chef ne parle pas français donc obligation formelle de parler hébreu. Ça c’est vraiment bien. Ce qui me plaît aussi, c’est que c’est une occupation où je ne réfléchis pas. Et en ce moment, c’est tout ce qu’il me faut : ne pas penser.

Alors voilà, on arrive à la salle, on met une veste blanche et un tablier, on installe les tables, les couverts, les verres, les serviettes, on donne un coup de lingette quand c’est sale, on installe les stands du cocktail, parfois on tient un stand de focaccia où on manque de se cramer les bras dans le four à pierre brûlant, on débarrasse les verres, on grignote vite fait, on sert les salades, on débarrasse, on sert les plats, on débarrasse, on apporte des litres de Coca Zéro en souriant bien poliment car on aimerait bien récupérer un petit pourboire à la fin, on profite que les invités soient sur la piste de danse pour manger un bout, on débarrasse, on met le buffet des desserts en place et on se planque en-dessous pour avaler un mini éclair au chocolat en louce-dé, on débarrasse encore des verres, on jette des kilos de bouffe (gâchis intersidéral), on rigole avec les autres serveurs, en cuisine on ingurgite des litres de limonada car on crève de soif avec tous ces aller-retour… Et avec tout ça il est au moins minuit. On finit de débarrasser les tables, on peut rentrer à la maison avec les bouquets de fleurs qu’il y avait sur la table, on rend notre tablier plein de taches et on rentre dormir, les jambes et le dos en feu, les bras et poignets douloureux, courbatures en prévision le lendemain.

Je sais que je ne ferai pas ça indéfiniment (ce n’est ni ma vocation, ni mon but) mais, pour le moment, c’est pratique et j’y trouve même un certain agrément. C’est la fête, il y a de la musique, on mange bien, on rencontre des gens sympas, on sourit et ça fait du bien d’être quelques heures durant dans une ambiance joyeuse quand, au fond de sa propre tête, l’atmosphère est plutôt triste et un peu sombre. Je prends ces moments comme une petite période de transition nécessaire et salutaire. La suite des choses arrivera bien assez vite.

A bientôt

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