Sept jours

Sept jours. C’est le temps qu’il me reste à passer ici.

Dans ma tête, toutes mes pensées commencent par La semaine prochaine à la même heure, je…
Je sens que ça va vite commencer à m’épuiser mais je ne peux pas vraiment m’en empêcher. Par exemple, la semaine prochaine à la même heure, je serai dans l’avion, quelque part au-dessus d’un pays entre la France et Israël.

Mais pour le moment je suis encore chez moi, assise par terre, mon ordinateur sur un carton et en train de squatter la connexion WiFI de mon voisin qui m’a gentiment donné ses codes. J’ai encore un chauffage et un four mais demain ils ne seront plus là. Je passe mes journées sur Le Bon Coin à refourguer mes meubles. Et quand je n’y suis pas, j’emballe mes affaires dans des cartons récupérés dans tous les supermarchés autour de chez moi. Parfois j’achète des fournitures scolaires pour l’oulpan et j’ai l’impression d’être de retour au collège. J’achète aussi mes produits d’hygiène préférés que je ne retrouverai pas à Jérusalem. Je jette aussi. Beaucoup. Je slalome entre les montagnes de choses qui juchent mon parquet dont je ne vois plus la couleur. Je ne dors pas beaucoup. Autant dire que je passe des journées exaltantes.

76 kilos : voilà le poids autorisé d’affaires que je pourrai prendre avec moi. Et encore ! J’ai laissé une valise pleine lors de mes dernières vacances en Israël chez ma cousine. C’est toujours ça que les Allemands n’auront pas de pris. Pour le reste… J’ai passé quasiment une heure à savoir quelles chaussures emmener et quelles chaussures laisser. J’ai des dilemmes toutes les secondes quand je trie mes vêtements, mes babioles, mes cadres photos… Choisir c’est renoncer et renoncer c’est chiant. Limite ça arrache le coeur.

Dans deux jours j’ai une dernière réunion à l’Agence Juive avec tous les gens qui partiront en même temps que moi. Je récupèrerai mon billet d’avion et je rencontrerai peut-être même des personnes que je serai amenée à revoir. Mais pour le moment je n’y pense pas trop, je suis trop occupée à me demander où je vais bien pouvoir stocker les 30 cartons d’affaires que je n’emporte pas avec moi. Finalement, je crois que c’est autant le bordel dans ma tête que dans mon appart’.

Sept jours. Dans sept jours je me poserai moins de questions.

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