Les douze travaux de Noya

Les choses avancent.

Après avoir envoyé par email toutes les pièces de mon dossier mardi dernier, j’ai reçu aujourd’hui des codes d’accès pour compléter mon inscription. Cette fois-ci, pas besoin de se déplacer, tout se fait en ligne. Génial ! ai-je pensé, en quelques clics l’affaire sera réglée. Ce que tu te goures, ce que tu te goures, fillette fillette (mais oui, vous avez saisi la référence).

J’étais loin de m’imaginer que ça allait me prendre pas loin de deux heures !

Il a d’abord fallu commencer par se créer un nouveau mot de passe assez sécurisé avec plein de chiffres et de lettres. Compléter les informations de base nécessaires que je n’avais pas encore transmises (adresse, niveau d’hébreu, données sur mes parents…). Je remplis, je tape mon nom, mon prénom et ma date de naissance, je coche la case “Je confirme” et je valide. Tout ça n’était pas encore trop grave.

Ensuite je me suis attaquée au questionnaire d’intégration. Ai-je des proches en Israël ? Dans quelle ville aimerais-je vivre de préférence ? Ai-je envie de faire un programme ? Je remplis, je tape mon nom, mon prénom et ma date de naissance (encore ?), je coche la case “Je confirme” et je valide. Jusqu’ici, ça allait encore.

Puis il a fallu répondre au questionnaire d’éligibilité. Les questions étaient du genre déstabilisant. Exemple : Avez-vous commis un acte quelconque contre le people Juif ? Souffrez-vous d’une quelconque maladie infectieuse susceptible de mettre en danger la santé publique ? Souffrez-vous d’une maladie psychiatrique ? Avez-vous déjà été condamne pour crime ? Etes-vous impliqué dans une quelconque procédure juridique, y a il un mandat d’arrêt contre vous en cours (de quelque pays que ce soit), ou êtes-vous recherché par une autorité légale ?
Autant dire que ça faisait froid dans le dos. Je remplis, je tape mon nom, mon prénom et ma date de naissance (ces trois renseignements sont particulièrement importants, semblerait-il), je coche la case “Je confirme” et je valide. Je commençais à avoir le cerveau retourné.

Est arrivé le moment de la déclaration sur l’état de santé et ce fut une sinistrose sans nom. On me demandait si j’avais eu un cancer, des insuffisances rénales ou respiratoires, de l’asthme, la grippe porcine, la tuberculose, le VIH, si je souffrais d’un handicap, si j’avais des troubles psychiatriques… L’angoisse compte triple. Puis il y avait des questions plus légères : suis-je en mesure de prendre l’avion pour aller en Israël, suis-je enceinte (ahahah). Je remplis, je tape mon nom, mon prénom et ma date de naissance, je coche la case “Je confirme” et je valide. À ce moment, je suis allée me chercher un verre d’eau et une serviette pour m’éponger le front. Ma fréquence cardiaque avait considérablement augmenté et mes nerfs commençaient à présenter des signes de faiblesse.

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Cerise sur le gâteau, la dernière rubrique : les entrées et les sorties d’Israël. Il s’agissait de remplir des petites cases dans un tableau avec les dates des voyages en Terre Promise au cours des sept dernières années. Mais attention, ligne par ligne. Et pour chaque ligne, il fallait repréciser : le numéro du passeport, la date d’émission du passeport, sa date d’expiration, la nationalité du passeport, la date d’entrée en Israël, la date de sortie et le type de visa qui nous a été remis. Plutôt facile, non ? C’est ce qu’on croit. C’est d’une lourdeur infernale de tout retaper à chaque fois. Surtout que les tampons ne suffisent parfois pas. Eh oui, depuis quelques années on ne tamponne pas le passeport, on nous donne un petit papier. Du coup j’ai dû ressortir ma collection de cartes d’embarquement (que je garde précieusement, et aujourd’hui je suis contente d’avoir conservé ces souvenirs datés) pour pouvoir bien remplir ce tableau infernal. Encore le nom, le prénom, la date de naissance et la case à cocher. Mon esprit n’était plus qu’un amas de houmous qui aurait pris trop de soleil.

Je pensais en avoir fini mais il fallait aussi télécharger des documents importants comme l’acte de naissance, le passeport et le certificat de judaïcité. Heureusement que tous les docs étaient consciencieusement enregistrés dans mes fichiers ! N’empêche que le processus de téléchargement/enregistrement/validation de chaque pièce prenait au bas mot cinq minutes. À ce stade, je n’étais même plus humaine. J’étais une misérable loque aux yeux vitreux, à l’esprit vidé et aux doigts raidis.

Quand j’ai compris que c’était enfin terminé, je n’y ai d’abord pas cru. Puis j’ai refait un tour complet de mon profil et j’ai vu la lumière au bout du tunnel. Oui, j’avais fini. Devant tant de bonheur, j’étais à deux doigts d’aller acheter une bouteille de Ruinart pour fêter ça. Sauf qu’on est dimanche et que le dimanche, le Monop’ est fermé. Alors en guise de récompense, je me suis octroyé une sieste.

Prochaine étape : un rendez-vous personnalisé avec une personne de l’Agence Juive. Vous croyez qu’il faudra que j’y aille avec tous les documents en version papier ? Suspense…

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